J’ai vu trop de marques découvrir au pire moment que leur site ne leur appartenait pas. Elles croyaient posséder, elles louaient. La différence ne se voit pas au quotidien. Elle se paie le jour où l’on veut partir.

Le loyer invisible

Un site monté sur une plateforme fermée n’est pas à vous. Vous occupez un emplacement. Le jour où le prix monte, où la plateforme change ses règles, retire une fonction ou disparaît, vous n’emportez rien. Vos pages vivent dans un format que personne d’autre ne sait lire. Migrer, c’est tout refaire. Ce n’est écrit nulle part en toutes lettres, mais c’est bien le contrat.

Le domaine d’abord

Le nom de domaine est le seul actif que vous possédez vraiment. Tout doit s’y rattacher : le site, les e-mails, l’identité. Un domaine à vous, chez un registrar neutre, et le reste peut bouger sans rien casser. C’est la première décision d’un projet. On la prend rarement au sérieux, sans doute parce qu’elle coûte quelques euros par an et qu’elle n’a l’air de rien.

Le domaine et ce qui s'y rattache, face au même montage sur un emplacement Deux schémas côte à côte, construits de la même façon. Dans chacun, trois petites boîtes en rangée portent « le site », « les e-mails » et « l'identité » ; un trait part du bas de chacune, les réunit et descend en flèche vers une boîte plus large posée dessous. À gauche, cette boîte large est tracée en accent et porte « le nom de domaine » ; une flèche pleine en repart vers le bas, et sous elle est écrit « le reste peut bouger ». À droite, la boîte large porte « un emplacement » ; le trait qui en repart est en pointillé, coupé net par deux traits obliques, et sous lui est écrit « vous n'emportez rien ». UN DOMAINE À VOUS UNE PLATEFORME FERMÉE le site les e-mails l'identité le nom de domaine le reste peut bouger le site les e-mails l'identité un emplacement vous n'emportez rien
Les mêmes trois attaches des deux côtés : ce qui change, c'est ce à quoi elles tiennent.

Des fichiers, pas une base captive

Mon parti pris : un site qui tient sur des fichiers texte, versionnés, hébergeables partout. Astro compile tout en HTML statique. Le contenu vit en Markdown, dans votre dépôt git. Changer d’hébergeur prend une heure. Rien n’est prisonnier, pas même de moi : un autre développeur peut reprendre le projet demain, tout est lisible. Posséder son site n’est pas un slogan, c’est une architecture.

Le même site emporté en fichiers texte, puis dans un format fermé Deux rectangles de page de taille identique, côte à côte. Chacun contient trois bandes horizontales aux mêmes hauteurs. À gauche, les trois bandes sont tracées en accent et nommées : « Markdown », « HTML statique », « dépôt git » ; sous le rectangle, deux lignes de légende, « des fichiers texte » et « hébergeables partout ». À droite, les trois bandes ont le même format mais un contour en pointillé, et à la place du nom elles ne portent qu'une ligne de tirets courts ; sous le rectangle, la légende « un format que personne d'autre ne sait lire ». RIEN N'EST PRISONNIER MIGRER, C'EST TOUT REFAIRE Markdown HTML statique dépôt git des fichiers texte hébergeables partout un format que personne d'autre ne sait lire
Même contenu, même échelle : c'est le format qui décide de ce qu'on emporte.

Louer reste confortable au départ, je ne prétends pas le contraire. Posséder demande juste un choix technique, pris au bon moment. Ce choix, c’est le mien par défaut.