Un projet web classique traverse cinq mains : stratège, DA, maquettiste, intégrateur, développeur. À chaque passage, un peu de l’intention s’évapore. Le brief se dilue, la maquette interprète le concept, l’intégration interprète la maquette. Le résultat ressemble de loin à l’idée de départ. Rarement de près.
Le coût des coutures
Chaque couture entre deux métiers est une petite fuite. On y perd du sens, du temps, de la précision. On réexplique, on réajuste, on renégocie. Le client paie cette friction sans jamais la voir sur le devis. Elle est pourtant là, dans les allers-retours, dans les compromis, dans l’écart final entre ce qui était voulu et ce qui est livré. Personne n’est en faute, d’ailleurs : c’est le découpage qui veut ça.
Une seule main
Depuis 2002, j’ai appris chaque maillon parce que le métier m’y a poussé, de Flash à l’IA. Aujourd’hui je tiens la chaîne d’un bout à l’autre : l’angle, la direction artistique, le design system, l’intégration, le déploiement. Pas par goût de tout contrôler. Simplement, l’intention survit mieux quand elle ne change pas de porteur.
Ce que ça change
Une décision prise en amont reste lisible jusque dans le CSS. Quand je choisis une échelle typographique, je sais déjà comment elle vivra en clamp() sur mobile. Quand je pose un concept, je sais ce qu’il coûtera à produire, ce qui m’évite de promettre ce que je ne tiendrai pas. La stratégie et la réalisation ne sont pas deux mondes : c’est la même ligne, tenue sans rupture.
L’IA rend ça possible à l’échelle d’une personne. Elle prend l’exécution, je garde la continuité. Un projet, une intention, aucune couture.