Open source évoque encore, pour certains, le bricolage gratuit et un peu fragile. J’entends régulièrement cette réserve, et je la comprends : gratuit, dans nos têtes, rime rarement avec sérieux. Mon expérience dit l’inverse. Les outils que j’utilise, Astro pour le site, Sveltia pour l’édition, sont construits au grand jour, relus par des milliers de gens, corrigés en continu. La qualité ne vient pas malgré l’ouverture. Elle en vient.

Inspectable, donc fiable

Un outil open source, je peux lire son code. Je sais ce qu’il fait, comment il le fait, ce qu’il envoie. Aucune boîte noire, aucune surprise le jour d’un audit. Quand un client me demande où passent ses données, je peux répondre précisément. Un service propriétaire répond « faites-nous confiance ». C’est peut-être vrai. Ce n’est jamais vérifiable.

La même question posée à un outil ouvert et à un service fermé Deux rangées de boîtes reliées par des flèches, sous une question inscrite en haut du cadre : où passent ses données. La rangée du haut compte quatre boîtes : lire son code, ce qu'il fait, ce qu'il envoie, puis une dernière boîte tracée en accent qui porte le mot vérifiable ; les trois flèches qui les relient sont pleines. La rangée du bas compte trois boîtes : faites-nous confiance, puis une boîte à double paroi qui porte les mots boîte noire, puis une boîte en pointillé qui porte les mots peut-être vrai ; la flèche qui entre dans la boîte à double paroi est pleine, celle qui en sort est en pointillé. OÙ PASSENT SES DONNÉES UN OUTIL OPEN SOURCE RÉPONDRE PRÉCISÉMENT lire son code ce qu'il fait ce qu'il envoie vérifiable UN SERVICE PROPRIÉTAIRE JAMAIS VÉRIFIABLE faites-nous confiance boîte noire peut-être vrai
D'un côté le trajet se suit boîte par boîte, de l'autre il s'arrête à la première.

Pas de loyer, pas de laisse

Astro et Sveltia ne facturent rien et n’enferment rien. Pas d’abonnement qui grimpe, pas de fonction rançonnée, pas d’éditeur qui ferme boutique en emportant vos données. Si demain je veux changer de brique, le format reste standard : du HTML, du Markdown, du git. L’open source n’est pas l’économie du pauvre. C’est une assurance, souscrite une fois pour toutes.

Le nombre au service de la robustesse

Un projet ouvert et populaire est éprouvé par un monde entier d’usages. Les bugs remontent vite, les correctifs arrivent vite, la documentation existe vraiment. Un outil fermé n’est testé que par ceux qui le vendent. Des milliers de regards valent mieux qu’une équipe et un secret. C’est d’ailleurs pour ça que je publie mes propres outils en open source : pas par idéologie, par cohérence.

Qui teste un outil fermé, qui éprouve un projet ouvert Deux cadres de même taille posés côte à côte, garnis de points de même diamètre sur la même trame. Dans le cadre de gauche, neuf points groupés au centre et rien autour. Dans le cadre de droite, la trame entière est occupée : cinq rangées de quinze points tracés en accent, d'un bord à l'autre. Sous chaque cadre, deux lignes de texte : à gauche ceux qui le vendent, puis une équipe ; à droite des milliers de regards, puis un monde entier d'usages. UN OUTIL FERMÉ UN PROJET OUVERT ET POPULAIRE ceux qui le vendent des milliers de regards une équipe un monde entier d'usages
À trame égale, ce qui sépare les deux outils n'est pas la compétence, c'est le nombre.

Je ne choisis pas ces outils parce qu’ils sont gratuits. Je les choisis parce qu’ils sont meilleurs, et surtout parce qu’ils le restent.