Dans public/admin/index.html, le CMS de ce site est appelé comme ceci :

<script src="https://unpkg.com/@sveltia/cms@0.172.2/dist/sveltia-cms.js"
        integrity="sha384-rLinm2T7k+hELzRDmWwenzg5hwTV2Pqs+mHvP32ZwyE35nGEXvJ8Kuys/WKCjtvr"
        crossorigin="anonymous"></script>

Une version épinglée, et l’empreinte du fichier attendu. Si unpkg servait un autre contenu demain, le navigateur refuserait de l’exécuter. J’ai pu écrire cette ligne parce que le fichier est public et que son empreinte se recalcule en une commande. Avec un service fermé, elle n’existerait pas.

Open source évoque encore, pour certains, le bricolage gratuit et un peu fragile. J’entends souvent la réserve et je la comprends : gratuit rime rarement avec sérieux. Mon expérience dit l’inverse, et pas pour des raisons militantes.

Inspectable, donc vérifiable

Un outil ouvert, je peux lire son code. Je sais ce qu’il fait et ce qu’il envoie. Quand un client demande où passent ses données, je peux répondre en montrant. Un service propriétaire répond « faites-nous confiance », ce qui est peut-être vrai et n’est jamais vérifiable.

La même question posée à un outil ouvert et à un service fermé Deux rangées de boîtes reliées par des flèches, sous une question inscrite en haut du cadre : où passent ses données. La rangée du haut compte quatre boîtes : lire son code, ce qu'il fait, ce qu'il envoie, puis une dernière boîte tracée en accent qui porte le mot vérifiable ; les trois flèches qui les relient sont pleines. La rangée du bas compte trois boîtes : faites-nous confiance, puis une boîte à double paroi qui porte les mots boîte noire, puis une boîte en pointillé qui porte les mots peut-être vrai ; la flèche qui entre dans la boîte à double paroi est pleine, celle qui en sort est en pointillé. OÙ PASSENT SES DONNÉES UN OUTIL OPEN SOURCE RÉPONDRE PRÉCISÉMENT lire son code ce qu'il fait ce qu'il envoie vérifiable UN SERVICE PROPRIÉTAIRE JAMAIS VÉRIFIABLE faites-nous confiance boîte noire peut-être vrai
D'un côté le trajet se suit boîte par boîte, de l'autre il s'arrête à la première.

Pas d’abonnement, pas de laisse

Astro pour le site et Sveltia pour l’édition ne facturent rien et n’enferment rien. Pas de palier tarifaire qui grimpe avec le trafic, pas d’éditeur qui ferme boutique en emportant le contenu. Si je veux changer une brique, les formats restent standard : du HTML, du Markdown, du git.

Le nombre au service de la robustesse

Un projet ouvert et très utilisé est éprouvé par un monde entier d’usages, dont beaucoup que ses auteurs n’avaient pas prévus. Les bugs remontent vite, les correctifs arrivent vite. Un outil fermé n’est testé que par ceux qui le vendent, et sur les cas qu’ils ont imaginés.

Qui teste un outil fermé, qui éprouve un projet ouvert Deux cadres de même taille posés côte à côte, garnis de points de même diamètre sur la même trame. Dans le cadre de gauche, neuf points groupés au centre et rien autour. Dans le cadre de droite, la trame entière est occupée : cinq rangées de quinze points tracés en accent, d'un bord à l'autre. Sous chaque cadre, deux lignes de texte : à gauche ceux qui le vendent, puis une équipe ; à droite des milliers de regards, puis un monde entier d'usages. UN OUTIL FERMÉ UN PROJET OUVERT ET POPULAIRE ceux qui le vendent des milliers de regards une équipe un monde entier d'usages
À trame égale, ce qui sépare les deux outils n'est pas la compétence, c'est le nombre.

C’est pour la même raison que je publie mes propres outils en open source, EVA CSS le premier.