Ce site fonctionne sans serveur ni base de données, pas de plugin. Un build produit 234 fichiers HTML, un CDN les sert tels quels. On me dit parfois que c’est un retour en arrière.

Ce qui n’existe pas ne se pirate pas

Une bonne part des attaques du web vise des choses qui ne sont pas là : une base à interroger de travers, un formulaire qui exécute, un greffon abandonné depuis deux ans. Rien à injecter, rien à corrompre, rien à forcer.

Il reste une surface, et elle est petite : l’admin, qui parle à l’API GitHub avec un jeton de session. C’est le seul endroit du site que je surveille, et c’est pour ça que le script du CMS y est épinglé par version et par empreinte. La sécurité la plus tranquille reste celle qu’on n’a pas à défendre, à condition de savoir exactement ce qui échappe à la règle.

Ce qu'un site dynamique expose, ce qui reste quand il n'y a que des fichiers Deux colonnes de quatre cases superposées, alignées ligne à ligne. À gauche, sous le titre site dynamique, quatre cases pleines qui portent : une base à interroger de travers, un formulaire qui exécute, un greffon abandonné, l'admin. À droite, sous le titre site statique, trois cases vides tracées en pointillé qui portent rien à injecter, rien à corrompre, rien à forcer, puis une quatrième case pleine tracée en accent qui porte l'admin. Sous cette dernière case est écrit : le seul endroit du site que je surveille. SITE DYNAMIQUE SITE STATIQUE une base à interroger de travers rien à injecter un formulaire qui exécute rien à corrompre un greffon abandonné rien à forcer l'admin l'admin le seul endroit du site que je surveille
Quatre surfaces d'un côté, une seule de l'autre, et c'est celle-là qu'on surveille.

Rien à faire tomber, rien à entretenir

Un pic de trafic qui met un site dynamique à genoux glisse sur des fichiers dupliqués au plus près du visiteur. Le jour d’un lancement, quand l’audience monte d’un coup, la question ne se pose pas. Cette robustesse ne s’ajoute pas après coup : elle est dans l’architecture, ou elle n’y est pas.

Deux chaînes pour un même pic de trafic Deux rangées de boîtes reliées par des flèches, l'une au-dessus de l'autre. En haut, trois boîtes de même largeur qui occupent toute la ligne : un serveur, une base de données, un plugin ; le titre de droite indique un site dynamique à genoux. En bas, deux boîtes seulement, tracées en accent, qui n'occupent que les deux premiers tiers de la ligne : un CDN, puis 234 fichiers HTML ; le titre de droite indique au plus près du visiteur. UN PIC DE TRAFIC UN SITE DYNAMIQUE À GENOUX un serveur une base de données un plugin UN PIC DE TRAFIC AU PLUS PRÈS DU VISITEUR un CDN 234 fichiers HTML
Le même pic de trafic : en haut trois choses à faire tomber, en bas aucune.

Le reste suit. Pas de serveur à patcher tous les mois, pas de mise à jour de sécurité en urgence un vendredi soir. L’hébergement coûte une fraction d’un site dynamique, souvent rien du tout, et l’argent va au design et au contenu plutôt qu’à la tuyauterie.

Un site statique ne tombe pas parce qu’il n’y a rien qui tourne. C’est moins un exploit qu’une conséquence.